Onze machines passées au crible

Le mercredi 12 août, à 7h40, Claire Robert a ouvert l'atelier avant l'heure habituelle pour accueillir la personne chargée du contrôle, une intervenante extérieure venue de Tinqueux et missionnée par la direction. Le relevé a commencé par les sept imprimantes à filament. Il s'est poursuivi sur les trois machines à résine et sur la petite unité de frittage qui tourne depuis mars 2024, sans rien démonter, en s'appuyant sur les journaux d'impression, sur les températures consignées et sur un échantillon de quarante-huit pièces gardées au stock.

Deux écarts sont ressortis.

Sur l'unité de frittage, la sonde de chambre affichait un décalage de 6,4 degrés par rapport à la référence étalonnée en janvier, ce qui suffit à déplacer les cotes de quelques centièmes sur des pièces techniques usinées serré, et ce seul chiffre justifiait qu'on ouvre le cahier d'atelier plutôt que de hausser les épaules.

La deuxième observation concerne l'étiquetage des bobines ; sur les vingt-trois références stockées, cinq ne portaient plus de date d'ouverture lisible, ce qui empêche de savoir depuis combien de temps le filament est exposé à l'humidité ambiante d'un atelier chauffé l'hiver et ouvert l'été, et cette incertitude suffit à écarter une bobine des pièces structurelles. Claire Robert a reconnu la chose sans détour : « Sur les petites séries, on ouvre une bobine, on la referme et on la range, et l'étiquette finit par s'effacer. Ce n'est pas une panne, c'est un défaut de suivi. »

Le reste est conforme. Les trois machines à résine respectent les tolérances annoncées et le nettoyage des cuves est tracé depuis février. Aucune pièce de l'échantillon ne dépasse les cotes convenues avec les clients concernés, ce qui a été noté noir sur blanc dans le relevé remis à la direction le soir même.

Onze machines passées au crible

Ce que le contrôle ne couvrait pas

Il faut être précis sur le périmètre. Cette vérification portait sur nos équipements et nos productions internes.

Elle ne portait ni sur un agrément, ni sur une habilitation, ni sur une certification de quelque nature que ce soit, et Inchestavia SARL ne revendique aucune inscription à un ordre professionnel ni aucun numéro de registre, l'intervenante du 12 août n'ayant délivré aucun titre de ce genre.

Elle n'a pas non plus examiné de véhicule, de circuit électrique raccordé au réseau, de circuit frigorifique ni de partie de bâtiment : ces domaines ne relèvent pas de notre activité et ne feront l'objet d'aucune intervention de notre part, aujourd'hui comme demain, parce que nous n'avons ni les compétences ni l'envie de les acquérir. Le contrôle s'est arrêté aux frontières de ce que nous savons faire.

Sébastien Mercier, au service client, a passé la matinée à répondre aux appels de clients qui avaient entendu parler de la vérification avant même qu'elle soit terminée. « J'ai eu onze appels entre 9h et midi, dont quatre de personnes qui croyaient qu'on fermait. J'ai expliqué que non, que rien ne s'arrêtait, que trois commandes en cours glissaient simplement de quelques jours. »

Trois commandes sont concernées : deux lots de fixations pour un bureau d'études du quartier Clairmarais et un prototype de boîtier pour un atelier de la rue de Courcelles. Le report va de deux à cinq jours ouvrés. Rien d'autre ne bouge dans le planning du mois d'août.

Des réglages qui touchent les délais

La sonde de l'unité de frittage a été remplacée le 14 août au matin et le nouvel étalonnage a été consigné dans le cahier d'atelier, page 61. Le décalage mesuré, 6,4 degrés, ne se traduisait pas par des pièces hors cotes sur les lots déjà livrés, mais il rendait les relevés de température trompeurs pour la suite, et c'est cela qui a motivé le remplacement plutôt qu'un simple ajustement logiciel.

À l'achat, Anaïs Bernard a engagé la commande de cent trente étiquettes résistantes à l'humidité, pour un montant de 78,40 euros tout compris, livraison prévue le 21 août. Chaque bobine entamée recevra une date d'ouverture et un numéro de lot. Les cinq bobines non datées encore en stock seront testées avant réemploi sur des pièces non structurelles.

Camille Vincent a modifié le planning de production de la semaine du 18 août en conséquence : l'unité de frittage ne reprend les pièces techniques que le mardi 19, après une impression témoin de contrôle, ce qui décale d'une journée le lot destiné au bureau d'études de Clairmarais et de deux jours celui de la rue de Courcelles, tandis que les deux imprimantes à filament qui tournent sur les commandes courantes ne bougent pas.

Le coût total de l'opération, étiquettes comprises, reste sous les 150 euros. Ce n'est pas un chantier.

Ce qui change pour les commandes en cours

Concrètement, si vous avez déposé une pièce à recopier ou un fichier à imprimer avant le 12 août et que vous n'avez pas encore été rappelé, rien n'est perdu.

Le suivi se fait par téléphone au 03 55 69 89 39 ou par courriel à [email protected], aux horaires d'ouverture, du lundi au jeudi de 8h30 à 17h30 et le vendredi de 8h30 à 15h00, le week-end restant fermé comme d'habitude.

Nous ne travaillons ni sur les véhicules, ni sur les installations électriques raccordées au réseau, ni sur les circuits de froid, ni sur le bâti, et nous n'appliquons ni pesticide ni biocide. Aucune commande de ce type n'a été acceptée et aucune ne le sera ; cette précision figure déjà sur nos devis, elle est répétée ici parce que les appels de la semaine dernière montrent qu'elle n'est pas toujours lue.

Les pièces refaites à partir d'un original cassé suivent le même circuit qu'avant : réception de l'original, relevé de cotes, essai sur une pièce courte, validation par le client, puis série. Le contrôle du 12 août n'a rien changé à cette séquence, il a seulement ajouté une impression témoin avant toute pièce technique issue du frittage.

Pour les personnes qui passent au 86 boulevard Émile Zola, l'atelier reste ouvert et accessible, entre l'arrêt de tramway et le carrefour, et le stationnement devant la porte demeure possible en dehors des heures de pointe du matin. Aucun rendez-vous supplémentaire n'est demandé pour un dépôt de pièce. Le devis reste gratuit et sans engagement, comme depuis l'ouverture de l'atelier.

Ce que l'atelier retient

Depuis 2016, l'atelier imprime, scanne et refait des pièces, et cette activité repose sur des mesures plus que sur des impressions. Une sonde qui dérive de 6,4 degrés ne se voit pas sur un écran.

Elle se voit sur un pied à coulisse trois semaines plus tard, quand la pièce ne rentre plus, et c'est précisément pour cette raison que la vérification a été demandée par la direction et non imposée de l'extérieur.

Claire Robert a résumé la suite en une phrase, le 14 août, devant le cahier d'atelier : « On note tout, même ce qui nous embête, parce que la prochaine fois on veut savoir. »

Les étiquettes arriveront le 21 août ; l'impression témoin du frittage est prévue le 19, et le relevé complet du 12 août reste consultable à l'atelier sur demande, la page 61 du cahier portant la trace du nouvel étalonnage.