Ce qui change dès le 5 octobre

Le premier tramway au départ de Bezannes circulera à 5h42. Le dernier quittera le terminus à 22h18. Sur la ligne 11, la fréquence passe de sept à cinq minutes aux heures de pointe du lundi au vendredi, et de quinze à douze minutes le samedi matin, tandis que le dimanche la desserte reste inchangée avec un tramway toutes les vingt minutes de 7h00 à 20h30, ce qui représente au total 14 arrêts touchés, dont trois nouveaux : Châtillons Mairie, Pompidou Sud et Bezannes Gare TGV.

Le prolongement représente 2,7 kilomètres de voie supplémentaire, pour un coût annoncé de 4,3 millions d'euros, financés à 60 % par l'agglomération et à 40 % par la région, et les travaux de pose ont débuté en mars 2025 pour s'achever le 18 septembre 2026, avec deux semaines d'avance sur le calendrier initial. Aucune interruption de circulation n'est prévue pendant la première semaine d'exploitation. Des essais à vide auront lieu les 3 et 4 octobre, entre 22h00 et 4h00. Le titre de transport reste au même tarif : 1,80 euro l'unité, 4,50 euros le carnet de dix, et la carte d'abonnement mensuel, à 32 euros, couvre désormais l'ensemble du nouveau tracé sans surcoût. Sébastien Mercier, responsable du service client à Inchestavia, précise que les anciens abonnements restent valables jusqu'à leur date d'échéance, et qu'aucun remboursement partiel ne sera effectué.

Ce qui change dès le 5 octobre

Les habitants des Châtillons respirent

Pour les 6 200 habitants du quartier des Châtillons, le changement est tangible : jusqu'ici, rejoindre la gare centrale demandait trente-cinq minutes et une correspondance à Clairmarais, alors que le trajet direct prendra dix-neuf minutes. Nadia Fournier, qui habite rue de la Marne depuis 2011, emprunte la ligne chaque matin pour se rendre à son travail, avenue de Laon. « Avant, je partais à 7h05. Maintenant, je peux partir à 7h24 et arriver à la même heure », dit-elle.

Le nouveau terminus de Bezannes Gare TGV ouvre aussi une liaison directe vers la gare Champagne-Ardenne, en dix-huit minutes contre quarante-deux auparavant, ce qui permet aux salariés qui prennent le TGV de 6h58 pour Paris de quitter leur domicile à 6h15 au lieu de 5h40, avec une correspondance vers la ligne de bus 7, en direction de Cormontreuil, qui se fait au même arrêt sans traverser le boulevard.

Ce que les commerçants observent

Rue de Vesle, les commerçants suivent la modification avec attention, et la boulangerie Tissier, à l'angle de la rue Émile Zola, craint une baisse de passage le matin : son gérant, Marc Tissier, a compté les clients entre 6h30 et 8h00 pendant trois semaines et enregistre environ cinquante passages, dont vingt-deux viennent de l'arrêt Clairmarais, si bien que si le tramway ne s'y arrête plus, une partie de cette clientèle pourrait se reporter sur l'arrêt Châtillons Mairie, à 400 mètres.

À l'inverse, les commerces proches du nouveau tracé espèrent un surcroît de fréquentation. Le café Le Beaulieu, situé face à l'arrêt Pompidou Sud, a prolongé ses horaires d'ouverture d'une heure le matin. Sa gérante, Sophie Lefranc, a embauché un serveur supplémentaire depuis le 15 septembre. « On verra sur trois mois. Pour l'instant, on se prépare », explique-t-elle. La chambre de commerce a organisé une réunion d'information le 24 septembre, salle Colbert, qui a réuni 74 participants.

Les correspondances à réapprendre

Tous les usagers ne gagnent pas au change, puisque les habitants du quartier Clairmarais, qui représentaient 4 100 montées quotidiennes, perdent leur terminus direct et devront désormais descendre à l'arrêt Canal, puis emprunter la ligne de bus 3 jusqu'à Clairmarais Centre, soit une correspondance supplémentaire et six minutes de plus en moyenne, même si la fréquence de la ligne 3 passe de dix à huit minutes pour absorber ce report.

Claire Robert, responsable des travaux chez Inchestavia, a suivi le chantier de la plateforme sur les 400 derniers mètres avant Bezannes. Elle signale que deux passages piétons ont été refaits, rue des Capucins et avenue de Champagne, et que la signalisation tactile a été posée sur les quatre nouveaux quais. Les essais de roulement ont tous été concluants, y compris par temps de pluie, indique-t-elle.

Ce qu'il reste à régler

Trois points demeurent en suspens. Le premier concerne le stationnement : 47 places de voiture ont été supprimées avenue de Champagne pour créer une voie réservée, et la mairie n'a pas encore annoncé de compensation. Le deuxième porte sur le bruit : des riverains du boulevard Pompidou ont signalé des vibrations lors des essais de septembre, et une étude acoustique est programmée en novembre. Le troisième touche à l'information voyageurs : les panneaux d'affichage aux arrêts Châtillons Mairie et Pompidou Sud ne seront pas tous posés avant le 12 octobre, selon le calendrier transmis aux exploitants, ce qui oblige à prévoir une signalétique provisoire sur ces deux quais pendant une dizaine de jours.

Anaïs Bernard, en charge des achats, a commandé 38 nouveaux supports d'information et 12 bornes d'affichage, dont la livraison est attendue entre le 8 et le 15 octobre, et des agents seront présents aux deux arrêts concernés de 6h30 à 9h00 et de 16h30 à 19h00, du 5 au 16 octobre, pour distribuer un dépliant de quatre pages avec les nouvelles correspondances.

Ce que cela change pour les trajets quotidiens

La ligne 11 assure aujourd'hui 23 000 voyages par jour ouvré. Le prolongement devrait en ajouter 4 500, selon les estimations de l'agglomération, soit une hausse de 19 %. Le parc de rames reste à 22, mais deux véhicules supplémentaires seront mis en service en janvier 2027. Ils ont été commandés en avril 2024 pour 6,8 millions d'euros.

Les horaires sont consultables depuis le 28 septembre sur les panneaux des arrêts et sur le site de l'agglomération, et une réunion publique se tiendra le 8 octobre à 18h30, salle des fêtes de Bezannes, en présence de représentants du réseau, tandis que les usagers qui souhaitent signaler une difficulté peuvent appeler le 03 55 69 89 39, du lundi au jeudi de 8h30 à 17h30, et le vendredi de 8h30 à 15h00, les retours étant centralisés par Camille Vincent, administration, pour le comité de suivi qui se réunira le 5 novembre.